16/09
Je ne sais pas quoi dire pour ce soir. Ca viendra. Juste que je pense que la bonne décision a été prise, et que j'espère faire partie de la « normale » à laquelle il compte revenir. Alexis n'était pas juste une illusion. Je souffre, il souffre, nous souffrons, mais pas ensemble. Une séparation où je sais que nous sommes tous les deux rentrés de notre coté en pleurant, je ne la connaissais pas celle là. Faudra-t-il que je teste toutes les options de rupture avant de trouver la stabilité ?
J'espère, j'y crois, j'ai confiance en lui. Nous sommes forts.
15/09
Une nuit de plus, une de plus où l'entité « Alexis et Lucie » s'endort avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête.
Oh non, non. Je n'ai jamais cru que l'on s'en trouverait là un jour. Voici la liste de mes regrets.
Ô comme je le regrette mon boulanger du début, si vif, si vivant, si enthousiaste pour tout, celui dont j'ai détesté les chatouilles et adoré les caresses, celui qui m'appelait Granola et qui venait voir s'il ne trouverait pas des gâteaux dans mon soutien-gorge...
Celui que j'ai repoussé tant que je le pouvais lorsqu'il me disait s'attendre à m'épouser un jour... Je n'ai pas de mots pour dire combien je regrette de n'avoir pas su lui dire lorsque c'est moi qui ai commencé à rêver de robes blanches et qu'enfanter un petit Barbin me parut la chose la plus naturelle à faire de ma vie.
Il parait que le Japon, entres autres, s'est mis entre nous. Le Japon continuera-t-il à gâcher ma vie ? Gâcher mes études ne suffisait plus, il faut qu'il me prenne plus encore ? Et ensuite, quoi ? Me prendra-t-il ma mère qui, elle, l'aime, ce pays ?
Je suis dans mon lit et mes compagnons de nuit sont ma poubelle et ma bouteille de coca. Un petit goût aigre habite encore ma bouche, celui de la bile jaune que j'ai vomie dans les toilettes.
Je rate tout et je ne vois pas pourquoi j'ai cru à un moment pouvoir fonder une famille. Je ne me l'avouais pas à moi-même alors personne n'aurait pu s'en douter pour moi.
Et enfin, je ne sais même pas si cela aurait changé la moindre chose. Mais j'aurais du me souvenir du proverbe de la mère de Ted Mosby : « Nothing good happens after 2AM. » Si j'avais affiché cette phrase au plafond de mon salon je me serais sagement endormie et je n'aurais pas raconté des choses dont je suis maintenant incapable de me souvenir, tellement j'étais fatiguée. Souviens-toi maintenant : « Nothing good happens when you fall asleep. »
3/09
Je ne me sens pas bien. Pour la première fois depuis de longs mois je me sens mal et les larmes ne devraient pas tarder. Et c'est donc pour la première fois depuis que l'Autre a ouvert ma vie que je plonge dans mes amies les angoisses, je doute. Je me sens mal, pourquoi ? Mon anticerne Yves Saint-Laurent est fini et je n'ai pas trente euros pour en racheter. Je n'ai pas d'avenir. Je déteste mes études. Je doute. Ceci n'est pas un abandon mais ceci est une remise en question : ce qui avait tant de sens il y a moins d'un an et depuis si longtemps, est-ce vraiment ce que je peux faire ? Est-ce que je ne suis, n'étais pas juste une gribouilleuse de merde, une de plus, qui pollue internet des scories inintéressantes et communes de son existence de merde ? Tout ceci n'est-il que bullshit ? Après avoir tant pleuré, imploré, radoté pour effacer Théo, maintenant que j'ai réussi, je ne peux que constater pitoyablement que, que quoi ? Ah oui, c'est bien ça. Que je suis comme tout le monde, voire pire. Que je veux Alexis, maintenant, qu'il ne passe pas un jour sans que je m'imagine en blanc, que le veux comme j'ai voulu Théo comme j'ai voulu Yann et comme j'en ai voulu d'autres dont je n'écrirai pas le nom parce que ça salirait mon cahier. Je suis pire que tout le monde et je n'écris plus. Hank Moody, patron des scribouilleurs anonymes, aide-moi. Demain commencent les rattrapages et je ne veux pas regarder l'heure en me couchant, mes yeux secs et fatigués me la reprochent assez, l'heure. Je n'ai pas besoin de l'heure, je n'ai pas besoin de diplôme, je n'ai pas besoin d'eux, ni de vous, ni de Toi, le grand, je sais que t'es là, je n'ai pas besoin de l'Autre... Ou si, j'en ai besoin, et est-ce que c'est en lui que j'ai versé mes mots ? Serait-il le réceptacle qu'il me fallait, celui qui pourrait faire de ma vie une vie... normale ? Est-ce que c'est tout le désir sexuel accumulé en moi qui se canalisait par ma main écrivant ? A ce propos, j'aimerais dire à qui le lira que je n'ai jamais eu de blocage mais que ma condition féminine me dote naturellement d'une faculté de simulation, bien que dans mon cas je la qualifierais plutôt de simple exagération. Voila, c'est dit, et je sais que ça a un côté mesquin mais ça me faisait de la peine de continuer à entretenir un mensonge aussi démesuré... merde, c'était quoi le mot déjà ? Gargantuesque, éléphantesque ? Non. Peu importe, CTB quoi. Cela me gênait donc d'entretenir ce mensonge involontaire, et maintenant que nous sommes loin de ce passé commun, alors je préfère avouer.
L'Autre est-il l'amortisseur des mots, des maux et des émotions que Toi le grand tu m'as fait expirer ? S'il l'est, je ne l'aime et l'estime que plus encore.
Je ne sais pas quoi dire pour ce soir. Ca viendra. Juste que je pense que la bonne décision a été prise, et que j'espère faire partie de la « normale » à laquelle il compte revenir. Alexis n'était pas juste une illusion. Je souffre, il souffre, nous souffrons, mais pas ensemble. Une séparation où je sais que nous sommes tous les deux rentrés de notre coté en pleurant, je ne la connaissais pas celle là. Faudra-t-il que je teste toutes les options de rupture avant de trouver la stabilité ?
J'espère, j'y crois, j'ai confiance en lui. Nous sommes forts.
15/09
Une nuit de plus, une de plus où l'entité « Alexis et Lucie » s'endort avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête.
Oh non, non. Je n'ai jamais cru que l'on s'en trouverait là un jour. Voici la liste de mes regrets.
Ô comme je le regrette mon boulanger du début, si vif, si vivant, si enthousiaste pour tout, celui dont j'ai détesté les chatouilles et adoré les caresses, celui qui m'appelait Granola et qui venait voir s'il ne trouverait pas des gâteaux dans mon soutien-gorge...
Celui que j'ai repoussé tant que je le pouvais lorsqu'il me disait s'attendre à m'épouser un jour... Je n'ai pas de mots pour dire combien je regrette de n'avoir pas su lui dire lorsque c'est moi qui ai commencé à rêver de robes blanches et qu'enfanter un petit Barbin me parut la chose la plus naturelle à faire de ma vie.
Il parait que le Japon, entres autres, s'est mis entre nous. Le Japon continuera-t-il à gâcher ma vie ? Gâcher mes études ne suffisait plus, il faut qu'il me prenne plus encore ? Et ensuite, quoi ? Me prendra-t-il ma mère qui, elle, l'aime, ce pays ?
Je suis dans mon lit et mes compagnons de nuit sont ma poubelle et ma bouteille de coca. Un petit goût aigre habite encore ma bouche, celui de la bile jaune que j'ai vomie dans les toilettes.
Je rate tout et je ne vois pas pourquoi j'ai cru à un moment pouvoir fonder une famille. Je ne me l'avouais pas à moi-même alors personne n'aurait pu s'en douter pour moi.
Et enfin, je ne sais même pas si cela aurait changé la moindre chose. Mais j'aurais du me souvenir du proverbe de la mère de Ted Mosby : « Nothing good happens after 2AM. » Si j'avais affiché cette phrase au plafond de mon salon je me serais sagement endormie et je n'aurais pas raconté des choses dont je suis maintenant incapable de me souvenir, tellement j'étais fatiguée. Souviens-toi maintenant : « Nothing good happens when you fall asleep. »
3/09
Je ne me sens pas bien. Pour la première fois depuis de longs mois je me sens mal et les larmes ne devraient pas tarder. Et c'est donc pour la première fois depuis que l'Autre a ouvert ma vie que je plonge dans mes amies les angoisses, je doute. Je me sens mal, pourquoi ? Mon anticerne Yves Saint-Laurent est fini et je n'ai pas trente euros pour en racheter. Je n'ai pas d'avenir. Je déteste mes études. Je doute. Ceci n'est pas un abandon mais ceci est une remise en question : ce qui avait tant de sens il y a moins d'un an et depuis si longtemps, est-ce vraiment ce que je peux faire ? Est-ce que je ne suis, n'étais pas juste une gribouilleuse de merde, une de plus, qui pollue internet des scories inintéressantes et communes de son existence de merde ? Tout ceci n'est-il que bullshit ? Après avoir tant pleuré, imploré, radoté pour effacer Théo, maintenant que j'ai réussi, je ne peux que constater pitoyablement que, que quoi ? Ah oui, c'est bien ça. Que je suis comme tout le monde, voire pire. Que je veux Alexis, maintenant, qu'il ne passe pas un jour sans que je m'imagine en blanc, que le veux comme j'ai voulu Théo comme j'ai voulu Yann et comme j'en ai voulu d'autres dont je n'écrirai pas le nom parce que ça salirait mon cahier. Je suis pire que tout le monde et je n'écris plus. Hank Moody, patron des scribouilleurs anonymes, aide-moi. Demain commencent les rattrapages et je ne veux pas regarder l'heure en me couchant, mes yeux secs et fatigués me la reprochent assez, l'heure. Je n'ai pas besoin de l'heure, je n'ai pas besoin de diplôme, je n'ai pas besoin d'eux, ni de vous, ni de Toi, le grand, je sais que t'es là, je n'ai pas besoin de l'Autre... Ou si, j'en ai besoin, et est-ce que c'est en lui que j'ai versé mes mots ? Serait-il le réceptacle qu'il me fallait, celui qui pourrait faire de ma vie une vie... normale ? Est-ce que c'est tout le désir sexuel accumulé en moi qui se canalisait par ma main écrivant ? A ce propos, j'aimerais dire à qui le lira que je n'ai jamais eu de blocage mais que ma condition féminine me dote naturellement d'une faculté de simulation, bien que dans mon cas je la qualifierais plutôt de simple exagération. Voila, c'est dit, et je sais que ça a un côté mesquin mais ça me faisait de la peine de continuer à entretenir un mensonge aussi démesuré... merde, c'était quoi le mot déjà ? Gargantuesque, éléphantesque ? Non. Peu importe, CTB quoi. Cela me gênait donc d'entretenir ce mensonge involontaire, et maintenant que nous sommes loin de ce passé commun, alors je préfère avouer.
L'Autre est-il l'amortisseur des mots, des maux et des émotions que Toi le grand tu m'as fait expirer ? S'il l'est, je ne l'aime et l'estime que plus encore.